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dimanche 24 octobre 2010

2 minutes d'extase (entre autres)

Ce matin, il fait beau, j'ai bien dormi, mais c'est la pénurie de carburant. Je vais donc m’entraîner pour l'après pétrole... et pour mon déplacement, au lieu de faire facile, à plat sur le goudron, je choisis de passer par monts et par vaux.


Le soleil brille mais un filet de brouillard cache le lac. Dommage, j'adore ce point de vue.

Alors, je continue de courir en profitant des rayons chauds du soleil...

Un peu plus loin, 2 minutes d'extase dans un single comme je le aime: ludique

le soleil brille,
c'est la belle vie!
il n'en faut pas plu':
l'extase du fulgu


mardi 12 octobre 2010

les stats du jour

Je profite d'avoir fait des statistiques sur un post de kikourou pour les mettre ici:


Jusqu'à aujourd'hui en 2010: 1286.9 km, soit 143 km par mois, 31 km par semaine, 8.6 km/h en moyenne

155h 07' de course à pied décomposés en
80 Entraînement 682 km, 79h 19' 28", soit  8h 48' 49" par mois, 1h 56' 05" par semaine, 0h 59' 29" par séance, 8.5 km par séance en moyenne
20 Compétitions 605 km, 75h 47' 36", 8h 25' 17" par mois, 1h 50' 55" par semaine, 30 km par compet en moyenne (en vrai, de 10 à 100)

Le temps d'entrainement est équivalent au temps de compétition (env 50%), mais représente 80% du nombre de sortie. (je fais donc des compétitions beaucoup plus longues que mes entraînements)

Une course sur route! Depuis combien de temps n'ai je pas remis mes runnings en compétitions?...?

les photos vont bientot venir...
Bon, ce coup ci, il faut pimenter cette course. Je suis décidé à tenter un record.
J'y suis déjà allé en 2006 pour faire 1h35'56'', mais au printemps 2009, j'ai réussi à passer sous les 1h29 (à ma montre) à Nuits St Georges.
Ma belle cote rodio sur le trail d'Alésia (1184) me pousse à tenter le 1200. Un rapide calcul sur le site de Bruno Heubi m'annonce 1h27! Gloups. Ça fait du 4'07'' au kilomètre.
 
Philippe m'annonce avoir déjà fait 1h28, je me sens plutôt en forme, alors pourquoi ne pas jouer le jeu.
Je me prépare un beau tableau de temps de passage et tout et tout.
 
Le départ est à 1h15. L'horaire n'est pas le meilleur à mon goût: la matinée est courte pour vraiment faire quelque chose, le bricolage se limitera à un nettoyage du jardin. Le repas aussi sera limité à un plat de riz à 11h00. Et il fait chaud (comme d'habitude) à Dôle. 20°. On n'est plus habitué.
 
Le départ de la maison se fait un peu à l'arrache et on a 5 minutes de retard quand on retrouve Pat patientant gentiment sur un banc pour le covoiturage. Zou! Direction l'autoroute et Dôle.
Arrivé en ville, je fais mon malin et prends un raccourci... et je me perds. 2 ou 3 hésitations plus tard, nous sommes sur le parking. Jupette garde le chien, Pat et moi filons aux inscriptions avant qu'il ne soit trop tard. Nous arrivons à temps et même, il reste des maillots. Superbes maillots techniques de marque! Bravo l'organisation.
 
On retourne à la voiture, on se change, on s'affute et c'est déjà l'heure de retrouver les copains sur la ligne de départ. Jurassik runner vient me saluer. La dernière fois que nous nous sommes croisés, on courait dans 2 cm d'eau sur le semi de Beaune... je ne l'ai pas reconnu tout de suite ;o)
  
Je me place devant, à coté de Laurent, mon copain d'entrainement de la semaine. Lui, veut se rapprocher des 1h30.
 
Le départ est donné pour un premier tour de stade. Ça part vite, j'essaye de me calmer, je me connais, je pars toujours trop vite. Mais quand même, comme je n'aime pas butter sur les pieds des gars devant moi, je double et je pars modérément (beaucoup trop) vite. Je salue Laurent « à tout à l'heure! »
 
Le premier kilomètre passe trop vite pour que je le vois. Tant pis, je me chronométerai au deuxième...
Je cherche des yeux ma Jupette et notre mascotte. Je les découvre, cachées derrière une voiture.
Bon, la photo, ce sera pour le prochain tour...
 
On repasse sous l'arche de départ. Ligne droite goudronnée, on est déjà en file indienne. Le vent est de face, j'essaye d'être sioux en me cachant derrière quelqu'un. Mais cet indien court trop vite pour moi. Il file comme une flèche, je me laisse distancer.
 
Km 2, je regarde ma montre: 7'26''
ça y est! J'ai encore déconné! Je devais passer en 8'15''.
Je ralenti un peu pour retrouver un rythme. Mais, on est le long du canal, une grande ligne droite. Je sens que ça va être dur. D'ailleurs, j'ai déjà l'impression d'être dans le dur.
 
Km 3: 4'17''
je suis dans le bon tempo
 
km 4: 4'14''
toujours bon. Je passe à l'épongeage et je me mouille avec deux éponges. Il fait chaud! On tourne à gauche et voilà la côte. Je serai surement en retard au km 5, mais après, il y a la descente, je me referai.
 
Km 5: 4'30''
Qu'est ce que je disais? Pas grave. Mais c'est fastidieux.
 
Km 6: 4'19''
là, avec la descente, j'aurais du être plus rapide...
 
je rate le km 7,
 
Km8: 9'11' pour 8'15
Comment j'ai fait pour perdre 1 min sur 2 km? Je bats plutot sous les 168 puls qu'au dessus de 170. Quelques puls d'écart et tant de temps? Mais j'ai du mal de me forcer. Pas dans les jambes, dans la tête. Je me dis que j'ai raté mon record, je vais peut être attendre Laurent... Allez courage relance! Mais ça ne repart pas.
 
Km 9: 4'40''
ça continue! Encore plus de 30'' de retard. Et voilà les drapeaux du 1h30 qui me doublent....pfff mal barré, vraiment mal barré.
Mais voilà Laurent qui me rattrape. Cela me redonne un peu de jus.
 
Km 10: 4'38''
Vraiment, je n'arrive pas à décoler. Pourtant, je suis au 10 km en 43'18''. « c'est bien, mais pas suffisant » comme ils diraient à Groland.
Sur le tour du stade, j'aperçois Jupette en train de caresser Vanille derrière un gros bloc de béton. Tant pis, la photo, ce sera pour l'arrivée...
 
Km 11: encore 4'38
J'ai bu un peu vite au ravito que je viens de passer et j'ai une douleur à l'estomac. Je vois Laurent qui file sur la ligne droite du départ. Je suis 200 m derrière lui et impossible de le remonter.
 
Km 12: 4'42
ça semble être ma vitesse de course aujourd'hui!
 
Km 13: 4'27
Me voilà reparti sur un meilleur rythme. Et je me rapproche doucement de Laurent.
 
Km 16: 13'29'' pour 12'22'', moins d'une minute sur 3 km. Ça fait du 4'30'' au kil.
C'est pas terrible, mais c'est mieux.
Je sens que je commence à récupérer. Le moral reviens, et je commence à doubler. Et Laurent est à portée de main.
Peu avant le km 17, Laurent s'arrête devant moi au ravito pour boire et se mouiller. Je l'encourage sèchement. Il est derrière moi au km 17.
 
km 17: 4'29''
Je suis toujours sur le rythme du 4'30''. J'avale un gel 'booster'.
 
Km 18: 4'16''
Je ne crois pas que ce soit le gel, plutôt que le sol est gravillonné, j'aime mieux. Et puis, depuis quelques kilomètres, je me suis surpris avoir mal aux muscles abdominaux dorsaux. La course sur route m'a fait me redresser en regardant loin devant, alors qu'en trail, je suis penché en avant pour regarder quelques mètres devant moi l'état du sol. Depuis que je me force à regarder le sol plutôt que devant, je sens que cela va mieux et je n'ai plus mal au dos.
 
Km 19: 4'21''
la fin est proche. Je me projette déjà en train de faire le dernier tour de piste...
 
km 20: 4'56''
Je ne sais pas si c'est la petite côte pour passer au dessus du canal ou si j'ai révé trop fort, mais je ne comprends pas ce temps intermédiaire...
On m'annonce 1h29 de course « ça va être dur de faire moins d'1h30! ». J'essaye d'accélérer.
Je double encore un coup avant de rentrer dans le stade.
Il faut encore faire un tour de piste synthétique. C'est agréable, et j'aime ça. Je me prends pour Mimoun en 56 et je soigne mon style. Mais aucun Australien pour m'acclamer...
Au dernier virage, je vois Laurent qui entre dans le stade. Je passe sous l'arche finale en 1h33'15''

Jupette est déjà en train de se préparer pour le 10 km. Tant pis, la photo, ce sera pour la prochaine fois...
  Et alors?Une pauvre cote rodio de 1124!  
Mais ce n'est pas grave. Je vois où j'ai des progrès à faire: le mental et la régularité.

Bravo à Patrick qui a amélioré son record du semi!

vendredi 8 octobre 2010

19 septembre 2010 COURSE DES VENDANGES A PAGNY SUR MOSELLE



Un week end chez mes parents en Lorraine, alors pourquoi pas une course sur place.
3, 4 recherches rapides sur internet et je trouve une course nature à moins de 20 km de la maison familiale. 15 km, 200 m de dénivelée. Voilà de quoi tester ma vitesse de fond: n'ai je pas trop perdu avec mon entrainement spécial ultra trail?

Le site de la course n'a pas été remis à jour et l'heure de départ de ma course (appelée celle des as) m'est inconnu. Je pars avec un peu d'avance pour assurer.
Le dossard en poche, j'ai 1h30 à attendre. Je retourne à la voiture et je reprends mon manuscrit sur l'UTMB.
Mais voilà l'heure, je m'extirpe de la voiture réchauffée par le soleil matinal et je vais m'échauffer vers le départ.

Quelque temps plus tard, le starter annonce un « départ dans 5 minutes ». Nous sommes 3!
les autres discutent encore en paquet derrière nous. Mes voisins n'ont jamais fait cette course non plus. J'ai mes trails aux pieds, mais je suis un des rares. J'espère que ce sera technique...

« départ » dans 30 secondes

la foule se rapproche.

Pan! Je pars en première ligne sur le goudron de Pagny sur Moselle. On doit être une centaine, peut être plus...
premiers virages, 400m de passés sur ce faux plat et je suis toujours devant. Je m'étonne. J'ai bien senti que j'avais la frite lors de mes deux scéances de fractionnés sur 400 m cette semaine, mais quand même, il y a un truc bizarre. Je lorgne ma montre et je me rends compte que je n'ai pas vérifié ma pile de l'accéléromètre, il est éteint et m'indique que je cours à 0 km/h...
je ralenti un peu et approche le deuxième « ça part doucement ou quoi? » mais il a l'air déjà dans le rouge et ne me répond pas. Je me retourne, la foule me suis. Je continue. On est toujours le goudron lorsque je vois la pancarte du premeir kilomètre. Je regarde le chrono: 3'26''. AHHHH! Je freine brusquement, les scénces de fractionné m'ont enlevé les sensations. Si je continue à cette allure, je vais bientôt claquer. Immédiatement, 8 personnes me doublent.
Je les laisse partir. Puis un autre petit paquet, mais je suis toujours dans les 15 premiers.

4'15'' au deuxième kilomètre. Le rythme est plus serein, et je ne sens pas de séquelles de mon départ fulgurant. On vient juste de quitter le goudron pour une route forestière en très bon état qui remonte une longue combe. Je comprends mieux les runnings!




5 ème kilomètre. J'ai emmené ma gourde avec 800ml d'eau, je ne m'arrête pas au ravito, mais our éviter qu'elle ne se balade trop, je serre ma ceinture. Un peu trop surement, au 6 eme kilomètre, alors que je suis à nouveau sur le bitume et que la cote est finie, j'ai des douleurs au ventre qui me durent 5 minutes. On me double encore un peu. J'ai desserré ma ceinture, les boyaux reprennent leur place, le rythme revient au moment ou je rentre à nouveau dans le bois. Maintenant, le sol est en petit gravillons bien compacté. Vraiment pas technique ce « trail ». d'ailleurs, ça s'appelait course nature!

10ème km 44' de course, je laisse le ravitaillement de coté. Et je déroule.
Je sens comme un deuxième souffle sur ce faux plat et je rattrape 2 concurrents. Cet élan me fait espérer une belle descente bien technique à la fin.

Mais non! Ça descend fort, mais c'est large. Un peu caillouteux, mais rien d'impressionnant non plus.
Dès la fin de la descente forte, on atteint les premières maisons de la ville. La descente de la rue se fait à vive allure... comme ceux de devant. Je me retourne, personne derrière. Ma place semble jouée. Je poursuis, traverse la route nationale. Je cherche un peu mon chemin, toujours personne à l'horizon. Je fini par rejoindre la voie ferrée. Un virage à droite, je reconnais la rue que j'ai utilisée pour m'échauffer avant le départ, ça sent l'arrivée imminente.

Le type devant est en vue, mais trop loin. Je termine « tranquille » sous les applaudissements en 28ème position et 1h04.

On m'offre une pomme et un tee shirt drôlement mignon et drôlement original pour un pays où je n'ai plus vu une vigne depuis bien 20 ans maintenant. Il faut dire que le vin local n'est pas vraiment un grand cru.

Je n'ai pas le temps de trainer, je viens de m'apercevoir que j'ai perdu mon accéléromètre. Je retourne vers la grande descente pour fouiller un peu, en vain.

Je discute un peu avec le bénévole en bas de la pente et il est l'heure d'aller glisser ses charentaises sous la table de maman.

Voilà une course bien agréable, que je rapproche plus d'une course sur route que d'un trail (très roulant, kilométrage indiqué, un ravito tous les 5 km...).
Les bénévoles ont tous été très gentils, j'adore mon tee shirt, seul regret, je ne connais pas les résultats: le site est toujours bloqué sur 2009 et ils n'ont pas l'air d'avoir été publiés quelque part..

En même temps, ce n'est pas grave.

jeudi 7 octobre 2010

Ma première course à étapes

Pour avoir assez de souffle sur un UTMB, il faut un entrainement de longue haleine.

Tout commence en octobre 2008 lorsque Philippe avance l'idée de cet UTMB 2010.
Tout s'enchaine alors:
Saintélyon 2008 pour avoir LE point nécessaire à la CCC.
Premiers ultra trail en prépa pour cette CCC, premières leçons;
Puis, enfin, en aout 2009, première déconfiture dans la montée du col Ferret. J'ai compris que l'absence de globules rouges m'avait fait arracher ces 3 points nécessaires à mon inscription Utmbesque.
La chance m'a sourit ce début d'année 2010 en me tirant au sort pour être un des Elus, tandis que
Philippe, moins en veine, se fera du mauvais sang pour une TDS.
A partir de mars 2010, chaque début de mois m'offrira un ultra trail de préparation, et de nombreux WE seront occupés par des plus petits.
Les longs pour acquérir de l'expérience et les courts pour travailler le foncier (vitesse et seuil).
Tout ça m'amène jusqu'en août, où je coupe avec la course à pied pour partir en vacances en montagne. 3 semaines à plus de 1700m et je serai « tip top ».

Ce programme parfait me permet d'espérer « tout casser » cette année.


Après de nombreuses réflexions, le tableau de marche est dressé: mini 36h, maxi 40h. Ce qui laisse encore 6 h de marge en cas de « plantage ».

vendredi 27 aout 2010.
6h30
La nuit a été quelque peu agitée. Pas réellement d'anxiété, mais plutôt de l'excitation.
Je suis sous la tente au camping des Bossons avec mon père qui m'accompagne cette année. La pauvre Jupette est restée à Dijon pour faire tourner sa boite - il existe des patrons perdus sans leurs employés...
Arrivés à Cham au début de la semaine pour finaliser mon taux de globules rouges nous avons bivouaqué en altitude, sous la pluie.
 Un bon entrainement sans le savoir. Mais là, retour au camping, fini la quiétude et le bercement du vent, place à la musique techno, aux bruits de circulations automobiles, aux voix... pourquoi ne suis je pas berger?

7h00
Nous nous levons rapidement et après une toilette énergique, la tente est repliée, direction le parking du parc de loisir et surtout, SA place sous le gros sapin, celui qui permettra à mon père de faire la sieste à l'ombre entre deux trajets de bus spécial supporters.

8h00
La place est libre...comme 80% du parking. Tout le monde doit être garé au Grépon, pourtant beaucoup plus éloigné du départ des bus.
Nous sortons les gamelles pour préparer notre déjeuner.
La voiture est prête, organisée, pour ma sieste de l'après midi.
Il est l'heure d'aller retrouver le marché de Noël du Trail.

10h00
la météo annonce du mauvais, voire du très mauvais. On fait plusieurs magasins de sport pour acheter une pèlerine, mais impossible d'en trouver encore. On se fait même souffler la dernière sous notre nez dans le magasin où j'ai acheté mes bâtons l'an passé. La décision est prise: aux grands maux, les grands moyens: ne mégotant pas, j'achète des sacs poubelles spécial jardin, plus résistant et une bombe pour revitaliser mon goretex.

Retour à la voiture. Pendant que je bombe ma veste de pluie, mon père est ailleurs. Euh, pardon: mon père est tailleur. Il me sculpte un col arrondi, le col en V étant trop fragile et deux trous pour passer les bras (un de chaque coté, c'est plus pratique).

11h30
Avant les courses, Philippe fait ses commissions. Il a craqué pour une paire de trail neuve avec des crampons. Plus prudent vue la météo.
On 'range' tout ça dans la voiture et direction le resto pour notre plat de pates.

12h00
Pendant que Philippe et moi attendons notre unique plat de spaghettis aux champignons, mon père déguste sa salade de gésier avec sa bière. L'ultra est un sport qui demande beaucoup de mental! Sa tartiflette a l'air pas mal non plus, mais ce n'est rien par rapport à son tiramisu.

14h00
Je m'allonge dans la voiture et commence une longue séance de méditation. Je ne sais pas si j'ai dormi,


16h45,
je me sens reposé lorsque je sors de la voiture. Il était prévu que je goute, mais l'arrivée de Philippe et de mon père me pousse à discuter (surprenant?).
Je prépare mon sac, derniers préparatifs, relecture de la liste des objets obligatoires, etc etc

17h30
Départ vers l'église où j'espère retrouver mes copains Jean-Michel Touron et Gillou01 (avec qui j'ai partagé la moitié de la CCC 2009).
et je retrouve les deux!

18h15
Nous sommes en place prêts à partir, la tension de la foule croit. La sono exalte les concurrents. « U.T.M.B »

18h30
C'est parti en tee shirt. On nous annonce le pire en altitude, mais pour l'instant, l'air est sec et plutôt chaud.
2 minutes de passées mais j'ai enfin franchi cette arche du départ. Et il reste encore du monde derrière nous. Impressionnant.

La foule est compacte, elle hurle sans discontinuer, couvrant la musique tonitruante.

J'imagine ce que devaient ressentir une troupe de fiers soldats partants au combat défendre leur pays... aujourd'hui, nous sommes des « warriors ». Quelle émotion! Les larmes viennent! D'habitude, cette émotion, on la vit à l'arrivée, après une longue lutte acharnée, pas au départ. J'essaye d'imaginer dans quel état je serai lorsque je foulerai à nouveau ce tronçon de route...
attention: à gauche de l'écran à 4'47, on voit bien Jean Mi et ses bâtons blancs,
je suis derrière avec ma casquette rouge
(merci à gabhott pour son film sur: http://www.youtube.com/watch?v=h3cwZqJhPiU)
en attendant, on accompagne la musique en jouant de l'accordéon: un coup on trottine, un coup on butte sur la masse humaine. Encore quelques centaines de mètres et c'est parti: on court.

J'ai prévenu mon père: au rond point, on passera à gauche pour qu'il puisse immortaliser l'instant; Quel père indigne: il ne me reconnaît pas. Pourtant, je suis en short, avec des chaussures de trail, des bâtons, une casquette rouge... c'est quand même facile à voir!
Je l'aperçois trop tard pour la photo. Il est avec Philippe. J'ai une petite pensée émue pour lui qui aurait du être à nos cotés.

La route des Gaillands nous conduit à l'école d'escalade et à la terre. Enfin! Le rythme général est relativement lent, ponctué par les applaudissements et les pauses pipi de nombreux coureurs.

Dix minutes plus tard, les premières gouttes de pluie créent de nouveaux arrêts. J'arrive à passer ma veste sans m'arrêter, je cours le sac entre les dents. Mieux vaut ne pas avoir le nez bouché. Jean-Mi m'impressionne, il restera en tee shirt. Gilou fera comme moi coté vestimentaire. Lui aussi il m'impressionne: je l'ai vu courir plus de 5 minutes sans parler. Je le chambre, mais rien n'y fait. Il me propose de me laisser faire et de me reprendre le crachoir après St Gervais.

On double les Joelettes. Ça me semble fou de faire un UTMB avec cet appareil. Un sacré défi pour les coureurs, mais je m'interroge sur l'intérêt de faire supporter aux enfants cette météo qu'on nous annonce... Mais comme je n'ai jamais approché ces associations, je me garderais bien de porter un jugement. J'en discuterai avec ceux qui savent...et pourquoi ne pas participer? En tout cas, pour l'instant, je suppose les enfants aux anges en participant à cette marée humaine.

On arrive aux Houches et il y a toujours autant de monde. Le chemin monte raide, notre petit groupe est soudé et la montée se fait plutôt rapidement, dans la bonne humeur et sans forcer. L'expérience de jean-Mi est précieuse, on sait où on met les pieds.

Ce Jean-Mi! Aussi connu que Dawa! Depuis le départ, pas un kilomètre de passé sans un « salut Jean-Mi ». Il connait tout le monde et tout le monde le connait.

Arrivé au sommet, un dernier « salut Jean-Mi », un petit pipi, la frontale installée sur la tête, nous attaquons la descente.

Jean-Mi est bon descendeur, aussi, commence t on à doubler. A l'occasion d'un arrêt intempestif de Jean-Mi, je passe devant.

Le sol est gras, boueux, mais pas gluant. Je file. Quelques fois, je profite du pré pour courir dans l'herbe plutôt que sur le chemin. Je double. Je me retourne, Jean-Mi suit, mais on a perdu de vue Gilou. On l'attendra au ravito.

Je perds de vue Jean-Mi aussi. Je l'attendrai au ravito.

Soudain, mon téléphone m'annonce que la course est arrêtée à St Gervais pour cause d'intempérie. C'est mon père, il m'attend au ravito...

Et voilà St Gervais. En descendant, j'annonce aux autres la triste nouvelle. Il faut croire que le public n'a pas entendu la sono, à 500 m du ravito, on reçoit encore des « bravo, bon courage »; 500 m plus loin, on s'empile!
Quelle course: 21km en 3h30! (1000m de Déniv dans les deux sens). Mais on est en avance sur le tableau de marche des 36h, sans forcer du tout. Dommage! Sans ce mauvais temps, on aurait pu faire un bon temps!

Je saisis 2 bouts de pain, et tente de retrouver mon père. Je sens que le rapatriement sera long, il est 10 heures. Pourquoi ne pas aller au resto se faire une petite tartiflette à la place?

Je retrouve mon père, mais j'ai perdu Jean-Mi et Gillou. J'arrive à joindre Jean-Mi mystérieusement, les lignes sont saturées. On a de la chance car les parents de Jean-Mi sont là et nous proposent de nous convoyer à Cham.


J'ai Philippe au téléphone. La TDS est retardée de 4 heures...pour l'instant.
Il restera au gymnase en attendant. Je lui souhaite bon courage. Nous, on va se coucher dans le coffre de la voiture. Il pleut trop fort pour avoir le courage de retrouver les tentes de bivouac dans le capharnaüm des sacs entassés à l'avant du véhicule.

Seul, on peut s'allonger dans le Partner, mais à deux, il faut se résigner à dormir les jambes pliées.

Je ne mange pas, je déjeunerai mieux demain matin;
On discute un long moment. Puis le silence se fait; Je pense que l'organisation a eu raison d'arrêter la course. Mais toute cette préparation pour rien me frustre un peu et je décide de faire les numéros des copains demain pour faire le tour des balcons de Chamonix, ou quelque chose d'autre. On verra demain.

Samedi 28 août
1h30
Je dois m'endormir, enfin!

2h15
Mon téléphone vibre, un SMS m'annonce une course de remplacement: Le parcours permettra de courir la fin du tracé de l'UTMB à partir de Courmayeur. Chouette!

6h30
Allez ! il est temps de se déplier.
Le coffre de la voiture, quand dehors l’eau coule, c’est cool parce que, c’est sec, mais c’est sec comme récup. Je récupère mes affaires mouillées de la veille, entassées dans un sac plastique. C’est revigorant, mais ça séchera sur la bête pendant le petit déj.
Pour compléter mes deux tranches de pain sec d’hier soir, j’en remange deux, mais avec du chocolat et un thé chaud. Sacré petit déj, pour une fois, je ne vais pas partir alourdi.

7h00
Philippe me téléphone et m’apprend qu’il est devant les premiers bus en partance pour l’Italie.
Un voisin de parking vient m’emprunter mon téléphone pour partir à la recherche du sien dans sa voiture. On le retrouve tapi entre les sièges (alors qu’il aurait pu siéger sous le tapis…). Du coup, ce concurrent n’est pas au courant pour le texto et je lui apprends qu’il y a des bus. Ça doit être un triathlète : 5 minutes chrono plus tard, il est déjà habillé en train de courir vers les bus !

7h50
notre véhicule arrive. C'est royal! Les parents de Jean-Mi nous emmènent à Courmayeur au départ. Ils proposent alors à mon supporter de venir avec eux.

9h30
on arrive sous le soleil à Courmayeur. Quel changement radical de météo! Il faudrait que je me change: en ¾, pull et veste, j'ai un peu chaud. Mais avant, j'ai la bonne surprise d'aller saluer Dawa avec Jean-Mi.

On se fait prendre en photo avec. Je suis heureux, voilà vraiment quelqu'un que je respecte. La première fois que je l'ai croisé à la Ste Victoire cette année, je n'ai pas osé me faire prendre en photo... la prochaine fois, je lui parle!
C'est bizarre comme son extrême simplicité m'impressionne.

A notre tour de jouer les stars avec nos fans:


Allez! Je me change vite fait et avec Jean-Mi on essaye d'être le plus devant possible. Mais c'est surement en 900ème position qu'on passera la ligne de départ.

J'ai l'impression de me retrouver un an plus tôt au départ de la CCC... mais tellement plus confiant. J'ai des jambes, la connaissance du parcours et acquis pas mal de métier.

Les Italiens aiment le bruit, pour une fois, moi aussi!

Même si je ne retrouve pas l'émotion d'hier, ce nouveau départ en musique est quand même touchant. Je pense à mes copains absents. Il y a ceux qui n'ont pas pris le départ (Gillou qu'on ne voit pas, Pierre qui doit suivre ses compagnons d'infortune et qui veulent repartir tout de suite dans le Nord...) mais il y a ceux qui sont souffrant et qui m'envient d'être là. Et il y a tous ces recalés au tirage au sort... cela en fait des gens qui ont des raisons pour ne pas être là... mais 1200 participants, je trouve que c'est peu!

10h15 Courmayeur, km 0

D'un autre coté, c'est bien! Parce que déjà là, c'est dur de courir en ville bien que la route soit large, mais dans 4 km, on sera sur un sentier en direction de Bertone... on va se trainer.

Ça y est. On est dans le sentier. On se traine. Ça coince: « les sentiers, c'est comme le bon vin, on les apprécie mieux quand ils ne sont pas bouchonnés ».
Jean-Mi et moi, on prend notre mal en patience et on monte tranquillement au refuge en file indienne.

11h55 Bertone, km 4,7
A Bertone, on a convenu, Jean-Mi et moi de s'arrêter un minimum de temps. On remplit nos gourdes et on file.

Je présente mes deux flasques à une bénévole qui m'avoue n'en avoir jamais vu d'aussi petites. Vexé, je file rattraper Jean-Mi qui ne fait pas la pause pipi planifiée.

On bascule sur le long balcon vers Arnuva, quand soudain, Jean-Mi respecte ses engagements. J'en profite pour faire comme lui. Si mes gourdes sont petites, ma vessie est grosse...mais j'arrive à rattraper Jean-Mi.

On double tranquillement dès qu'on peut. Il arrive à être beaucoup plus zen que moi. Alors je passe devant et j'augmente le rythme des dépassements. On se croirait sur le périph parisien.je double, me rabats, un petit coup d'œil dans le rétro et dès que je vois que Jean Mi arrive, je repars à la conquête d'une place.

12h43 Bonatti, km 11,9 place 811
On refait rapidement le plein d'eau et c'est reparti. Je ne le saurai qu'à la fin, mais je double en ce moment mon copain Philippe... sans le voir.

Quelques fois, c’est un seul concurrent qui crée une file derrière lui. J’en ai identifié un, et je propose à Jean Mi qu’on le dépasse absolument avant la descente vers Arnuva. On y arrive, à 50m prés. Mais, c’est gagné, on peut dévaler à notre rythme, qui est quand même assez élevé.
On arrive si vite sur Arnuva que mon père ne nous a pas vus. Je l’appelle. Il prend une photo floue.

13h28 arrivée à Arnuva, km 16,9 place 698
On entre dans le ravito, mais cette année, je me suis promis de ne pas être gourmand : je me contenterai d’une soupe, d’un coca et de quelques morceaux de comté. Pas de viande des grisons !

13h31 sortie d'Arnuva
On sort de la tente. L’organisation nous recommande de mettre nos vestes de pluie. Je demande s’il n’est pas judicieux de la mettre seulement au refuge. A priori non. On s’équipe donc avant de repartir. C’est l’occasion de parler à notre fan club. Et c’est reparti !

Je monte au train de mon prédécesseur. Pas encore au mien, mais comme l’espace commence à se distendre, c’est de plus en plus facile de doubler. Surtout que Jean Mi aussi a la frite, alors que les autres ont plutôt l’air dans la purée. En tout cas, j’en aurais gros sur la patate de monter aussi mal que l’an passé.
Dès le refuge, on commence à gratter du monde, et ça n’arrête pas. Je prends quelques fois l’option des traces courtes et raides pour doubler.
La pluie devient forte, le vent aussi. Finalement, je range mes lunettes. J’ai le visage moins protégé, mais je vois clair !
Dans les derniers mètres qui me séparent du sommet, je prends un peu d’avance sur Jean Mi. Je l’attendrai au sommet. Mais dès le faux plat du col atteint, le vent me glace.
J’ai l’onglet au bout des doigts. Je n'enfile pas mon pull parce que je vais bientôt courir en descente.

14h40 Grand Col Ferret, km 21,2 place 567
Au sommet, j'admire les bénévoles campés là parce que je ne peux pas attendre Jean Mi. Trop froid. J'ai même du mal de sentir mes doigts lorsque je replie les bâtons.
Je commence à descendre en courant et en agitant les bras pour faire circuler le sang. Tant pis, j'attendrai Jean Mi plus bas, quand j'aurai chaud.

Mais je me prends au jeu. Le sol est très gras et plutôt glissant. Depuis le trail des Forts de Besançon, j'ai bien progressé sur ce terrain. L'esprit de Dawa est en moi. Alors que beaucoup tente de nouvelles figures de style, je survole le terrain et double énormément.

Je savais que j'aimais les descentes longues et techniques, je découvre que j'aime le gras.

Arrivé à la Peule (km 24,7), on ne fait pas ce petit virage en épingle à cheveux qui nous amenait sur ce schiste tranchant (qui m'inquiétait un peu). Nous n'utilisons pas non plus la route du refuge, fastidieuse. Mais nous dévalons par un sentier intermédiaire dans les prés pour déboucher sur le pont routier. Une longue partie goudronnée nous fait rejoindre La Fouly.

15h41 arrivée à La Fouly, km 30,8 place 451
J'arrive au ravito suivi de Jean Mi.

Notre fan club n'est pas à l'heure, et cela nous inquiète un peu. On devait échanger notre tee shirt mouillé contre un sec.

Pour l'instant, une soupe, un plein d'eau, un morceau de fromage et c'est reparti.

15h51 sortie de La Fouly,
Sans nous concerter, Jean Mi et moi avions planifié ce tronçon La Fouly – Champex comme une étape de récupération. On trottine, on papote: c'est bien agréable.

Pendant un moment, on court en rive droite sur la route goudronnée. M’est avis qu'avec les pluies, certains passages du sentier en balcon de la rive gauche sont trop dangereux. Je me rappelle que déjà à sec, la traversée de deux couloirs d'éboulis avait retenu toute mon attention...Alors là, les cailloux doivent dégringoler.

On retraverse le cours d'eau pour la 6eme fois au moins et on reprend le chemin forestier. Je passe devant des chalets en bois, dont un qui était en construction l'an passé. Cette année, on penserait qu'il a toujours été là. J'aime la Suisse. Tout est beau.

On trottine toujours, on papote encore, et vient la montée de Champex.
Tout me semble facile cette année. Quel dommage de n'avoir pu se mesurer au grand tour.

Je me rends compte que je me rappelle parfaitement du parcours, des virages, des sentiers, de la grotte, presque des rochers. Mais cette année, je découvre que ce chemin s'appelle « chemin des champignons » et qu'un artiste a sculpté des figurines sur les arbres. C'est très agréable de chercher et d'admirer ces statuettes. Un bouquetin, un champignon, un autre bouquetin, une marmotte, un autre champignon, une casserole, et même un poisson accroché à un arbre...
ce bestiaire nous amène à Champex.

17h47 arrivée à Champex, km 44,9 place 444
Toujours pas de nouvelle de notre fan club.

C'est décidé, on ne traine pas à Champex: un plat de pâtes, une soupe, un change et hop, on s'en va.
15 minutes de pause, 20 minutes grand maximum...si on pouvait essayer d'arriver à Trient avant la nuit...
mais nous sommes maintenant dans la tente et toujours dans l'attente de nos parents. On suit notre plan. 

Quand, soudain, on les découvre au milieu de notre plat de pâtes. Finalement, pour faire Arnuva-Champex, on est allé plus vite que prévu, et surtout, plus vite qu'eux en voiture!

On traine un peu au ravito pour parler avec mais il est temps d'y aller.



18h12 sortie de Champex,
La sortie de Champex se fait en marchant pour permettre une digestion plus facile. 
Quelques photos de fan plus loin, nous trottinons vers Bovine.

Des enfants nous proposent de l’eau dans des gobelets usagés.
Puis Jean Mi découvre la montée de Bovine de jour. Une première pour lui. Moi, je l’ai déjà faite en rando, je la connais bien. J’imprime le rythme, plus ou moins basé sur mes pulsations.
Notre montée, très régulière est plus rapide que les autres et nous doublons pas mal.
Les traces de ravinement observables dans la deuxième moitié me laisse imaginer ce que les concurrent de la CCC ont du subir hier. Puis vient le faux plat. Jean Mi a eu plus de difficultés à doubler le dernier groupe, il en profite pour me rattraper et me redonner la gourde que j’ai perdue.

20h01 arrivée à Bovine, km 54,5 place 423
Ravito de Bovine, une soupe rapide. Il fait encore jour, on va essayer d’en profiter pour la descente.
Jean Mi propose qu’on marche tranquille pour rejoindre le col et qu’on attaque dans la descente qui suit. Ça me va.
On en profite pour ranger nos bâtons.
La ligne de crête est marquée par une barrière qu’un gentil japonais me tient, quitte à) perdre 30 s sur son chrono.
Pour le remercier, Jean Mi lâche les freins, déconnecte le cerveau et… BANZAÏ !!! On le double.
Au jeu de la déconnection de cerveau, je ne dois pas être mauvais. Je me libère et débute une descente qui restera dans ma mémoire. J’ai les cuisses. Je double très vite beaucoup de concurrents jusqu’à venir butter contre un autre japonais, lui-même très à l’aise dans cette descente.
Il ne s’en laisse pas compter : impossible de le doubler. A chacun de mes essais, il accélère. J’essaye d’imaginer ce que doivent penser ces coureurs que nous doublons lorsqu’ils voient passer 2 débiles courir à fond à mi course…mais le jeu est trop bon. Souvent, je butte sur le japonais, qui en remet une couche.
A ce rythme, on est vite au col de la Forclaz.
Alors qu’il cherche le chemin vers la droite, je le rappelle à gauche et le remercie pour ce « good game ! ». lui aussi est content de s’être bien amusé.
Nous trottinons tranquillement sur le plat qui précède la descente finale vers Trient. On en profite pour faire connaissance.
Hisayuki vient de Tokyo et a déjà entendu parlé de Dijon et de ses vins. Alors que le soleil se couche, nous entamons le chemin qui serpente sous les sapins. Le passage entre le jour et la nuit est immédiat. J'allume ma lampe et préviens hisayuki que cette partie de descente est moins technique. A peine ai je fini ma phrase que je glisse et me rattrape d'une main. On rigole, et quelques secondes plus tard, c'est son tour. Fous rire. On finit donc prudemment.

20h53 arrivée à TRIENT, km 61 place 390
L'arrivée à Trient se fait sous les applaudissements. Juste avant le ravito, je vois mon père et lui présente « my friend ». Photo!

A son tour, Hisayuki me montre 2 garçons et une fille de l’autre coté de la barrière. Je regarde la fille (normal) et il me dit que c’est sa « soeurd »…puis « UTMB ». Ah bon ? sa sœur a fait l’UTMB ? Non, « thrird UTMB ». j’essaye de comprendre, c’est le troisième UTMB de sa sœur ? mais elle ne court pas. Quoi l’an passé ? Ah ! elle a fait son troisième UTMB l’an passé ! Hisayuki est dépité devant tant d’ignorance. On cesse cette conversation pour se tourner vers la soupe. 
Son copain vient lui rattacher ses lacets.

Il est prêt à repartir, je lui dis que j’attends mon copain, que peut-être on le reverra.
Ce que Jean Mi m'expliquera plus tard, c'est que son copain, c'est Tsuyoshi KABURAKI himself!
3ème sur l'UTMB l'an passé...
Il a du être surpris que je ne cherche pas à me faire photographié à ses cotés...


Lorsque Jean Mi a fini de souper, on repart.

21h13 sortie de Trient
Comme avant chaque montée depuis Champex -bon je sais, c’est la deuxième, mais on prend vite des habitudes…. Donc avant la montée, on prend un gel et je mets le rythme à notre trio (on vient de raccrocher un isolé).
A mi pente, Jean Mi commence à le trouver trop rapide. Celui qui nous suit ne veut pas doubler, il est content de ce ralentissement. Puis, vers la fin, Jean Mi veut encore ralentir…on ralentit.
Quelques mètres plus loin, on se fait doubler. Jean Mi voudrait s’arrêter. Je lui dis que non, qu’on peut encore ralentir, mais que je suis contre l’arrêt complet, et je continue de marcher. N’ai-je pas assez ralenti, toujours est-il que je m’aperçois que j’ai perdu mon Jean Mi ! Il était sur la 6000D il y a 15 jours, il doit commencer à le payer. Je m’arrête pour l’attendre. Il arrive, on repart doucement, mais j’ai froid. Surtout qu’on arrive bientôt à Catogne, à 2000m. Je n’ai qu’un tee shirt sous le coupe vent et je sens le froid me pénétrer.

J’en fais part à Jean Mi et je reprends la course pour me réchauffer.

Catogne km 65,7
Mais voilà que la bascule se fait déjà. Je n’ai pas reconnu le paysage : quand a-t-on traversé ce petit bois et où est passé cet arbre isolé sous lequel je m’étais abrité pour me changer l’an passé ?

Par contre, je reconnais le bâtiment et m’attends aux bouses sur le chemin. Mais, ce n’est plus un chemin, c’est une mare de boue…s’il n’y a que de la boue. L’aspect me parait si peu recommandable que je fais tout mon possible pour éviter de mettre un pied dedans, même le gauche !

Heureusement, la pente revient et je réattaque d’un pas alerte. (Un pas alerté en vaut deux, c’est une astuce pour aller plus vite). Petit à petit, je reprends de la vitesse. Je culpabilise un peu d’avoir laissé choir Jean Mi, mais je me dis qu’il va se refaire une santé et me rattraper.

C’était sans compter sur la nuit. La nuit, tous les chats sont gris ; la vision est moins bonne et la vitesse est réduite. En général. Pas pour moi qui suis daltonien, même de jour tous les chats sont gris…alors j’ai l’habitude !

Je rigole, mais comme j’ai encore la patate, je me laisse prendre au jeu et je dévale, et je double…et je rattrape Hisayuki. « hello my friend, come on ». mais j’aurais du lui dire « come off », parce que moi, mon cerveau est sur off, sur on, on se fait peur et Hisayuki n’arrive pas à me suivre. Il abandonne.

Et je dévale. Les deux bâtons bien en avant, mon planté de bâton est salutaire. Pas une gamelle.

23h26 arrivée à Vallorcine km 70,6 place 359
J’arrive en vue de Vallorcine. Dernières glissades dans le pré et un bout de goudron : je suis au ravito.

J’avais prévu d’attendre Jean Mi, mais vu le nombre de gens doublé, je crois que je vais essayer de finir avec un beau chrono, il comprendra…enfin j’espère. Pas la peine de lui téléphoner, je sais son portable éteint.
Une soupe, le plein de la gourde, je ne m’assoie pas et je repars avant d’être engourdi par la chaleur.

23h33 départ de Vallorcine
Alors que je quitte la salle, je croise Hisayuki qui arrive. On se congratule, et c’est reparti.
J’attaque le faux plat qui doit m’amener vers le col des Montets en marche nordique. Je n’ose pas courir, je sais ce qui arrive derrière. L’an passé, la montée de la tête au vent était interminable, et moi seulement minable. On a eu du mal à s’entendre. On va voir qui va gagner cette année !

Un petit arrêt technique le long du chemin et je rattrape un marcheur. On devise un peu, mais il me rappelle à l’ordre « si tu veux faire un chrono, tu devrais repartir ». Il a raison, je suis en train de baisser de régime.

Je rattaque de plus belle. On fini par arriver sur un petit bout en bitume. Mes batons font un bruit phénoménal au milieu de la nuit. Les spectateurs ne sont pas surpris de me voir arriver. Ils m’encouragent, je les remercie d’être là. On me suggère de garder ce rythme…ils sont blagueurs !

Les premiers virages de la montée voient un fulgu à l’attaque ! Bon, 10 minutes plus tard, je suis calmé. Je garde cependant un rythme élevé qui me permet de grappiller quelques places.

On arrive sur la partie « plate », mais je n’arrive pas vraiment à relancer. Je garde le rythme rando nordique. Le sentier est tracé au mileu des rochers et, avec le brouilard, j’appréhende mal leur position. La vitesse chute. J’enlève ma frontale et la porte à la main. Je vois un peu mieux.
Il faudra à l’avenir que ma lampe de secours soit accrochée à une bretelle de sac à dos. Dans des cas comme ça, j’y gagnerai à coup sur. En attendant, je progresse plus difficilement que mes poursuivants. Je suis un peu doublé, alors je colle et je profite de leur éclairage.

La tête au vent passe à coté de nous, vide.

01h35 la tête au vent place 302

Quelques centaines de mètres plus loin, les bénévoles plus abrités, nous controlent.

Dernières longueurs vers la Flégère.
A un moment, au lieu de suivre le sentier, je m’aperçois que je suis en train de descendre un ruisseau… faudra vraiment peaufiner l’éclairage !

Et les lumières de la Flégère apparaissent.

02h03 arrivée sous la tente de la Flégère place 301
Je n’ai vraiment pas envie de m’arrêter si prés du but. Mais il faut être raisonnable : je prends une soupe.
Sortie de la tente très rapide. Je prends mon téléphone et j’appelle mon père, il dort profondément dans le coffre de sa voiture. Je lui laisse un message :
« allo papa, désolé de te réveiller, mais tu m’as dit que tu voulais être prévenu 1 h avant mon arrivée… »
Je range le téléphone.

Mince ! j’ai oublié de lui dire que j’étais seul.

Ah ? j’ai oublié aussi qu’il y avait une côte à monter avant la descente.

Passé la côte, je relance la machine et j’essaye de motiver ceux qui sont là.
Mal aux jambes ? Moi aussi l’an passé et la descente en courant a été salutaire. Ils ne me croient pas. Hommes de peu de foi ! Je les laisse et reprends ma foulée.

La descente sur la piste est longue, plus longue que dans mes souvenirs. Après la côte… je me demande si j’avais bien tous mes neurones l’an passé.

Ah ! Voilà enfin la partie en sentier dans la forêt…et j’ai toujours des jambes. Je me fais plaisir et je double. Mais je bute sur un gros paquet. 5 traileurs sont montés chercher leurs 3 copains. Ils sont 8 groupés. Pas facile à doubler. Surtout qu’ils sont frais (enfin ceux qui arrivent du bas).
Je bouchonne un peu, et profite d’un virage en épingle à cheveu pour couper au court. J’en laisse 3 derrière qui m’annoncent aux 5 de devant. Ils s’écartent. C’était pas plus dur que ça ! il faut que j’arrête de faire mon timide, il n’y a qu’à demander..

En enttendant, les remarques de ceux qui chambrent le premier de la file sur sa vitesse limitée par rapport à la mienne, je me galvanise et je redouble d’effort. Je ne suis bientôt plus qu’un souvenir.

Me voilà à la Floriaz. Le reste du chemin est très roulant…et je suis seul. Pas de lumière à accrocher. Je manque de VMA et il ne me semble pas que je cours plus vite que sur les parties techniques.

Je me rappelle de l’an passé, lorsque Gilou essayait de me pousser à courir ce faux plat en bas de la descente, juste avant de rejoindre la route. Cette année, je suis sûr de mieux l’appréhender….
Mais me voilà sur la route ! Je ne l’ai même pas vu !

Toujours personne devant, mais quelques spectateurs insomniaques m’encouragent.

Je suis dans Cham ! Il est presque 3h00.

Pif paf, gauche droite ! et j’ai en vue le pont de l’Arve. Un concurrent y fait sont premier franchissement. Je me lance à sa poursuite. Je le doublerai avant son deuxième franchissement.

Droite Gauche ! Je descends la rue principale. Mon père est là ! surpris de me voir, déjà !

Je passe sans m’arrêter pour doubler une dernière fois.

Je traverse une troisième fois l’Arve. J’ai encore quelqu’un en vue. J’accélère.

Mais en passant devant la Poste, je réalise que c’est l’arrivée. Je réduis ma vitesse, je ne vais quand même pas passer devant sur la ligne !

03h00 Arrivée sous l'arche place 267
Je n’en reviens pas. Je suis en super forme, même pas fatigué.
si ça c'est pas l'extase?
Mon père congratule son super méga héros de fils… du calme, le premier a presque fini sa nuit de sommeil !
Ah Aie Aie ! Les parents de Jean Mi sont là. J’aurais du préciser que je l’avais abandonné… Je leur dit qu’il devrait mettre beaucoup plus de temps.

Je récupère ma veste noire finisher UTMB. Elle est jolie. Je suis très content car elle est très différente de ma finisher CCC rouge et plus discrète.

Mon père ayant été réveillé par surprise m’a amené la moitié de mes affaires pour me laver.
On retourne à la voiture compléter le sac. Retour au gymnase pour prendre ma douche. Et retour à l’arrivée pour voir les copains.

J’ai toujours Philippe (Le Petit Prince) et Jean Mi (Jean Michel Touron) en course. (enfin je l’espère, je m’en voudrais de n’être pas là à l’arrivée de mes deux potes).

On attend peu, voilà Philippe. Surpris, je rate ma photo. Alors je me précipite pour pouvoir en refaire une autre. Le bougre sprint avec moi !

Je le laisse faire ses troisièmes et quatrièmes traversée d’Arve, et je coupe au cours pour filmer son arrivée.

 Mon père prend les photos.

Pendant que j’accompagne Philippe vers la sortie, Jean Mi arrive dans mon dos ! Je l’ai raté !! ils sont arrivés avec 45s  d'écart seulement.



Bravo! on a réussi tous les 3!


Dimanche 29 août

Après une bonne nuit de repos dans la voiture, on se promène un peu dans Cham.
tu te rappelles? les cabornis, c'était déjà gras...

les kikoureurs les plus sobres du monde

le plus beau Mont Blanc du monde

la meilleure tartiflette du monde

les plus beaux toilettes du monde